Il y a des personnes qui répondent toujours « ça va », même quand tout va mal. Elles le disent par réflexe, par pudeur, par peur de déranger ou parce qu’elles ne savent même plus comment expliquer ce qu’elles ressentent. À force de répéter que ça va, elles finissent parfois par devenir invisibles dans leur propre souffrance.
Dire « ça va » peut être une manière de se protéger. On évite les questions, les conseils maladroits, les regards inquiets ou les jugements. On évite aussi d’ouvrir une porte qu’on ne se sent pas capable de refermer. Parce qu’avouer que ça ne va pas demande une énergie énorme, surtout quand on est déjà à bout.
Le problème, c’est que cette phrase rassure tout le monde sauf la personne qui la prononce. Les autres repartent tranquilles, convaincus qu’il n’y a rien de grave. Pendant ce temps, celui ou celle qui a dit « ça va » continue à porter seul une fatigue, une angoisse ou une tristesse qu’il n’arrive plus à nommer.
Nous devrions peut-être apprendre à écouter autrement. Ne pas nous contenter toujours des mots. Observer les silences, les absences, les changements d’attitude, les regards fatigués. Parfois, derrière un « ça va » se cache une personne qui espère simplement que quelqu’un comprendra qu’elle n’a plus la force de dire la vérité.
Anthony Guérin
Coach de vie burn-out & stress