Après un burn-out, la question de la reprise du travail peut devenir particulièrement difficile.
On peut commencer à aller un peu mieux, retrouver progressivement de l’énergie, reprendre certaines habitudes… et pourtant ressentir un rejet très fort à l’idée de retourner au travail.
Parfois, ce n’est pas le travail en lui-même que l’on ne veut plus retrouver. C’est un environnement, une pression, certaines responsabilités, un rythme ou une manière de fonctionner que l’on ne se sent plus capable d’accepter.
Et parfois, on ne sait même plus vraiment ce que l’on veut.
Avant de chercher immédiatement une réponse à la question « Est-ce que je dois reprendre ? », il peut être utile d’en poser une autre :
À quoi est-ce que je ne veux réellement plus retourner ?
Ne plus vouloir retourner au travail ne veut pas forcément dire
ne plus vouloir travailler
C’est une distinction importante.
Lorsqu’on dit :
« Je ne veux plus retourner au travail »
cela peut en réalité vouloir dire plusieurs choses.
Je ne veux plus retrouver cette pression.
Je ne veux plus travailler de cette manière.
Je ne veux plus subir ce rythme.
Je ne veux plus être disponible en permanence.
Je ne veux plus avoir autant de responsabilités.
Je ne veux plus revenir dans cette entreprise.
Je ne veux plus faire passer mon travail avant tout le reste.
Et parfois, oui :
je ne veux réellement plus exercer ce métier.
Ce n’est pas la même chose.
Avant de prendre une décision importante, il peut donc être utile de distinguer ce que l’on rejette vraiment : le travail lui-même, le poste, l’entreprise, certaines conditions de travail, certaines relations ou parfois sa propre manière de fonctionner.
Cette distinction ne donne pas immédiatement la réponse, mais elle permet déjà de sortir d’un raisonnement trop global :
« Je ne veux plus travailler »
pour aller vers quelque chose de plus précis :
« Voilà ce que je ne veux plus vivre professionnellement. »
De quoi ne voulez-vous réellement plus ?
Après un burn-out, il peut être tentant de chercher rapidement une solution définitive :
changer de métier, démissionner, reprendre comme avant, tout arrêter, repartir ailleurs…
Mais avant de décider, il peut être utile de revenir à quelque chose de plus concret :
qu’est-ce qui vous épuisait réellement ?
Était-ce la quantité de travail ?
Le fait de ne jamais décrocher ?
Le sentiment de devoir toujours être disponible ?
Des responsabilités devenues trop lourdes ?
Un manque de reconnaissance ?
Des tensions avec certaines personnes ?
Une perte de sens ?
Ou cette difficulté à dire non, à poser des limites, à demander de l’aide ou à accepter de ne pas tout gérer ?
Le burn-out ne se résume pas à une seule cause.
Il peut être lié à l’organisation du travail, aux conditions professionnelles, à certaines relations, mais aussi à notre manière de fonctionner et à ce que l’on accepte trop longtemps.
C’est pour cela que la reconstruction ne consiste pas seulement à « devenir plus fort » ou à apprendre à mieux supporter.
Parfois, certaines conditions doivent changer.
Et parfois, c’est aussi notre manière de travailler, de nous engager ou de poser nos limites qu’il faut interroger.
La peur de reprendre et l’envie de partir ne sont pas la même chose
Après un burn-out, la perspective de reprendre le travail peut provoquer une forte appréhension.
Rien que penser au retour peut faire remonter de la tension, des doutes ou un rejet très marqué.
Mais il est important de distinguer deux choses :
avoir peur de reprendre
et
ne plus vouloir de cette vie professionnelle.
Ce n’est pas la même décision.
Parfois, on ne se sent simplement pas encore prêt à revenir dans un environnement associé à une période difficile.
Parfois, avec le temps, certaines choses deviennent plus claires : ce n’est pas forcément le travail que l’on rejette, mais certaines conditions dans lesquelles il était exercé.
Et parfois, au contraire, on réalise que quelque chose a profondément changé et que l’on ne souhaite plus revenir à la même situation.
Dans tous les cas, il peut être utile d’éviter de transformer une peur immédiate en décision définitive.
« Aujourd’hui, je ne me sens pas capable d’y retourner »
n’a pas exactement le même sens que :
« Je ne veux plus jamais faire ce travail. »
Laisser un peu de temps entre ces deux phrases peut aider à mieux comprendre ce qui relève de l’appréhension, de l’épuisement encore présent, des conditions de travail ou d’un véritable changement de projet.
Lorsque la question concerne la capacité à reprendre, l’état de santé ou l’aptitude au poste, elle doit être abordée avec les professionnels de santé concernés, notamment le médecin traitant et, selon la situation, le médecin du travail.
Faut-il changer de travail après un burn-out ?
Il n’existe pas une seule bonne réponse.
Pour certaines personnes, retourner dans la même entreprise reste possible, à condition que certaines choses changent réellement.
Pour d’autres, un changement de poste peut être nécessaire.
Certaines comprennent qu’elles ne veulent plus travailler dans le même environnement.
Et d’autres finissent par remettre en question leur métier lui-même.
Le problème, c’est que l’on entend souvent deux discours opposés :
« Il faut reprendre comme avant pour tourner la page. »
ou, à l’inverse :
« Après un burn-out, il faut tout quitter et changer de vie. »
La réalité est généralement beaucoup plus nuancée.
Un burn-out n’impose pas automatiquement une reconversion professionnelle.
Mais il peut obliger à regarder honnêtement ce qui n’était plus tenable.
La vraie question n’est donc peut-être pas seulement :
« Est-ce que je dois changer de travail ? »
mais plutôt :
« Qu’est-ce qui devrait être différent pour que je puisse retravailler sans reproduire exactement les mêmes conditions ? »
Cela peut concerner le rythme, la charge de travail, les horaires, les responsabilités, l’organisation, les relations professionnelles ou encore la place que le travail prend dans la vie.
Et parfois, malgré toutes ces réflexions, la conclusion sera effectivement qu’un changement plus important est nécessaire.
Mais cette décision mérite d’être construite, et non prise uniquement parce que l’on veut fuir le plus vite possible ce que l’on vient de traverser.
Ne pas décider uniquement pour faire disparaître l’inconfort
Lorsqu’une situation a été difficile à vivre, il est naturel de vouloir s’en éloigner rapidement.
Après un burn-out, cette envie peut être très forte :
partir, changer, couper, ne plus jamais revivre la même chose.
Mais une décision prise uniquement pour faire cesser l’inconfort n’est pas forcément la même qu’une décision construite.
Il peut être nécessaire de partir.
Il peut être nécessaire de changer de poste, d’entreprise ou de métier.
Mais avant cela, il peut être utile de comprendre ce que l’on veut quitter et surtout ce que l’on veut construire ensuite.
Sinon, certaines difficultés peuvent parfois nous suivre ailleurs :
vouloir toujours prouver quelque chose,
accepter trop,
ne jamais demander d’aide,
dépasser régulièrement ses limites,
faire passer le travail avant tout le reste,
ou penser qu’il faut tenir coûte que coûte.
Changer d’environnement peut être nécessaire.
Mais cela ne modifie pas automatiquement notre manière de fonctionner.
À l’inverse, travailler uniquement sur soi ne suffit pas toujours non plus si l’on retourne exactement dans les mêmes conditions professionnelles.
La reconstruction peut donc demander de regarder les deux dimensions : l’environnement de travail et notre propre manière d’y prendre place.
Cinq questions pour réfléchir à la suite
Il n’est pas nécessaire d’avoir immédiatement toutes les réponses.
Après un burn-out, vouloir tout décider trop vite peut ajouter encore de la pression.
Mais quelques questions peuvent aider à rendre la situation plus lisible.
1. Qu’est-ce que je ne veux absolument plus vivre professionnellement ?
Cela peut concerner une charge de travail, un rythme, une pression permanente, certaines relations, une absence de reconnaissance ou encore le fait de ne jamais réussir à décrocher.
2. Qu’est-ce que j’apprécie encore dans mon métier ou dans mon activité ?
Même après une période difficile, tout n’est pas forcément à jeter. Certains aspects du travail peuvent encore avoir du sens ou procurer de la satisfaction.
3. Qu’est-ce qui dépendait de mon environnement de travail et qu’est-ce qui dépendait de ma manière de fonctionner ?
Cette question est importante pour éviter deux écueils : tout mettre sur le dos de l’entreprise ou, à l’inverse, tout faire reposer sur soi.
4. Quelles limites devront être différentes si je reprends une activité professionnelle ?
Horaires, disponibilité, charge, récupération, droit de dire non, place accordée au travail dans la vie…
5. De quelles conditions ai-je aujourd’hui besoin pour travailler sans reproduire exactement le même fonctionnement ?
Le but n’est pas de trouver une réponse parfaite.
Il s’agit surtout de passer progressivement de :
« Je ne veux plus retourner travailler »
à quelque chose de plus précis :
« Voilà ce que je ne veux plus vivre, et voilà ce dont j’aurais besoin pour envisager la suite. »
Cette différence peut sembler simple, mais elle peut profondément changer la manière d’aborder la reprise.
Préparer une reprise ne signifie pas forcément reprendre comme avant
Reprendre le travail après un burn-out ne signifie pas forcément revenir exactement dans les mêmes conditions qu’avant.
Selon la situation, une reprise peut parfois être préparée progressivement.
Cela peut passer par des échanges avec le médecin traitant, le médecin du travail ou le service de prévention et de santé au travail.
L’objectif n’est pas de décider à votre place, mais d’anticiper les difficultés possibles et de réfléchir aux conditions qui pourraient rendre une reprise plus supportable.
Cela peut concerner, selon les situations :
un aménagement du poste,
une adaptation du rythme ou des horaires,
une diminution temporaire de certaines contraintes,
une reprise progressive,
un changement de poste,
ou parfois une réflexion plus large sur la suite professionnelle.
Le point important est le suivant :
reprendre ne veut pas forcément dire reprendre comme avant.
Et lorsqu’il existe encore des symptômes importants, des doutes sur la capacité à reprendre ou des difficultés liées à la santé, ces questions doivent être abordées avec les professionnels compétents.
Le coaching peut aider à réfléchir à ses limites, ses besoins, son rapport au travail ou ses priorités, mais il ne remplace ni l’évaluation médicale ni l’avis du médecin du travail.
Construire la suite plutôt que chercher à retrouver l’avant
Après un burn-out, on aimerait parfois simplement retrouver la personne que l’on était avant.
Retrouver son énergie.
Son rythme.
Son efficacité.
Sa capacité à tout gérer.
Mais la reconstruction peut aussi amener une autre question :
Est-ce vraiment cette vie-là que je souhaite retrouver ?
Ce n’est pas forcément une invitation à tout changer.
Il s’agit plutôt d’essayer de comprendre ce qui s’est passé, ce qui n’était plus tenable, et ce qui devra désormais être différent.
Il n’est pas nécessaire de transformer le burn-out en « formidable opportunité ».
Une épreuve reste une épreuve.
Mais elle peut aussi nous obliger à regarder plus clairement nos limites, nos besoins, nos priorités et la place que nous voulons donner au travail dans notre vie.
Et peut-être que la question n’est finalement plus seulement :
« Est-ce que je veux retourner travailler ? »
mais :
« Dans quelles conditions est-ce que je veux désormais travailler et vivre ? »
Se reconstruire après un burn-out : pourquoi il ne s’agit pas de redevenir comme avant
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Peur de rechuter après un burn-out : comment retrouver confiance ?
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Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un avis ou une prise en charge médicale ou psychologique.